Ouais ouais, depuis quelques centaines d'années, l'image du romantique maigrichon au teint verdâtre, les épaules rentrées et les joues creuses, les doigts frêles et abimés etc etc a un peu vécue, mais reste toujours bien au coeur de nos préoccupations. C'est pas mal quand même, certaines resistent mieux à la poussière que d'autres. Quand on pense à ce qu'est devenue celle de l'homme nouveau, fort et dépourvu de superstitions, bin mon vieux, y a du chemin ....
On veut faire croire qu'on lutte contre la terre entière, contre tous les cons qui croient qu'ils sont heureux, contre ces naïfs qui ne voient pas que leurs idéaux ne tiennent à rien et qui continuent à les défendre. On se bat contre les cons. On se bat contre des moulins à vents !
Les cons, dans l'histoire, c'est nous.
Nous qui avons l'indécence de croire que notre mélancolie est exceptionnelle, que nous sommes des artistes, nous qui ne savons pas aligner deux mots corrects de français, nous qui nous pensons extraordinaires, et avons la fatuité de regarder avec dégoût ceux qui ne sont que nos semblables. Notre soi-disant tristesse n'a rien de différent. Elle a de commun avec toutes les autres qu'elle ne vient que parce qu'elle est la voie de la facilité. Nous préférons nous enliser dans ce marasme gluant selon lequel le monde entier est contre moi, je ne suis née que pour subir, faire subir et périr aaaaaaaaaaaah .
Bon sang ce que c'est pathétique ...
Bon sang ce que nous sommes déplorables.
Nous faisons de nous des larves, nous complaisons dans ce rôle parce que nous pensons qu'il nous donne une importance, une vie en dehors de celle des autres. Mais nous ne faisons que nous conformer à l'ordre des choses. Et pour parachever la chose, oh cerise sur le gâteau, nous nous plaignons -ou feignons de nous plaindre ?- de ce gouffre que nous avons nous même creusé.
Quand c'est un renard qui se jète dans un piège et après gémit des heures durant de ce que sa patte est coincée dans les dents qui se sont refermées sur elle, encore, il est possible de comprendre. Il ne savait pas ce que c'était qu'un piège. Et il paraît que nous sommes les seuls animaux à réfléchir (ou du moins, que nous serions les plus intelligents) Soit. Alors nous sommes capables de les voir ces pièges.
De deux choses l'une : fouttons nous dans un piège et n'emmerdons pas les autres avec ça. Prenons-nous en main et faisons un effort : c'est quand même pas compliqué ...




